Baisse de l’immobilier

Le net ralentissement de l’immobilier en France se confirme. L’effondrement des ventes de logements neufs au premier trimestre et une chute du nombre des mises en chantier font redouter aux professionnels un affaissement du marché.

L’ancien

Les prix des logements anciens en France sont repartis à la baisse (-1,3%) en mai, après une hausse de 0,4% observée au mois d’avril, selon le baromètre mensuel publié aujourd’hui par la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim).

Ce résultat reflète des “évolutions contrastées” avec une baisse du prix des maisons (-3,3%) alors que les prix des appartements ont enregistré une légère hausse de 0,5%, précise la Fnaim dans un communiqué.

Les prix de l’immobilier ancien, qui avaient baissé de 1% au premier trimestre 2008 par rapport au quatrième trimestre de 2007, ont continué de progresser de 1,7% sur les douze derniers mois, selon les derniers chiffres de la Fnaim. Mais loin des sommets atteints en 2003 (+14%) et 2004 (+15,5%).

“Globalement, la baisse du nombre des transactions est d’environ 20% sur le marché de l’ancien”, affirment Patrick-Michel Khider et Bernard de Crémiers, co-présidents de Laforêt Immobilier

Le neuf

Le net ralentissement de l’immobilier en France a été confirmé fin mai, avec l’annonce d’un effondrement des ventes de logements neufs au premier trimestre (-27,9% sur un an) et une chute du nombre des mises en chantier, selon le ministère de l’Ecologie.

Cette baisse qui a affecté 12 des 22 régions de la France métropolitaine, est vertigineuse en Auvergne (-67,9%), en Lorraine (-68,4%) et dans le Limousin (-64,8%).

“2008 devrait être la première des années de récession pour l’immmobilier après plusieurs années d’expansion”, a déclaré à l’AFP Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université de Paris X-Nanterre.

Pour cet économiste spécialiste du secteur, la chute de près de 28% des ventes de logements neufs au premier trimestre, à 26.700 unités, si elle se confirmait, serait un “choc d’une ampleur comparable à la crise du début des années 90″.

Cette crise a toutefois des conséquences “positives” pour les clients : “Les promoteurs immobiliers rivalisent d’invention pour [les] séduire en leur proposant une voiture ou encore une année de courses, en plus de leur logement.” Comme les nouveaux produits auront du mal à trouver preneurs, “les ménages seront ainsi en meilleure condition de négocier”.

Incidence sur les professionnels

Profitant d’une période euphorique, avec des prix de l’immobilier qui explosaient un peu partout en France, les agences immobilières se sont multipliées au début des années 2000. Au point de faire tomber la part des transactions de particulier à particulier, une spécificité française, de 50% à 35% du total. En 12 ans, le nombre de “cartes professionnelles” a presque doublé, passant de 17.000 à 30.000, alors que le nombre de transactions réalisées par les agences immobilières ne progressait que de 60% (680.000 contre 420.000), selon des chiffres de la FNAIM.

Des agences immobilières commencent donc à fermer leurs portes faute de clients.  “Les cessations d’activité concernent surtout des petites structures indépendantes qui s’étaient crées il y a trois ou quatre ans en profitant du boom de l’immobilier” indique Jean-François Buet, secrétaire général de la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier).

Au début de l’année, Bernard Cadeau, président d’Orpi, le premier réseau en France, avait prédit que “l’année 2008 verrait la fermeture probable de nombreuses agences immobilières”, ajoutant “que ce ne serait que justice”.

Les taux d’intérêt augmentent

Le taux d’intérêt moyen des emprunts immobiliers sur vingt ans a franchi la barre des 5 %, «un niveau jamais atteint depuis l’année 2003», observe le courtier Empruntis.

Avec ces taux d’intérêt supérieurs à 5 %, ils vont rembourser bien plus qu’il y a plusieurs mois. Pour 150 000 euros à 5 % sur vingt ans, la mensualité sera de 990 euros, contre 870 euros en octobre 2005 lorsque le taux fixe moyen était à 3,5 %

«Les taux risquent de rester au niveau actuel au moins jusqu’à la fin de l’année, en raison notamment du resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne», explique Geoffroy Bragadir, porte-parole d’Empruntis.

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